Les "stocks" du Musée de Normandie.

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Les "stocks" du Musée de Normandie.

Message par LORD le Ven 18 Sep - 11:26

Boujou.

Un grand bâtiment blanc, anonyme, conserve 3 000 pièces bien à l'abri près de l'Orne, à Caen.

Reportage:

Plus d'un millier de fragments de pierres sculptées gisant au sol. Leur seul point d'appui : des palettes de bois. Un vrai trésor d'antiquités architecturales orphelines de leur logis d'origine. On est dans une des trois réserves du musée de Normandie qui ne peut exposer que 20 % de ses richesses. Malgré la banalité du site, chaque pièce a le mérite d'être un témoin privilégié de l'histoire. D'ailleurs leur gardien, Pascal Leroux, attaché de conservation, ne fait pas de distinction. Il avoue toutefois un faible pour les fragments sculptés « dont l'essentiel provient des collections de la Société des antiquaires de Normandie ».

On se trouve face à un empilement hétéroclite de morceaux de statues ou de pinacles, de pierres tombales ou de simples meules à moudre le blé d'époque gallo-romaine. Sur le côté, au-dessus, une série de machines à coudre sont recouvertes de plastique. L'anachronisme est ici la règle. C'est l'oeil du connaisseur qui peut reconnaître la pièce unique « comme cette cuve baptismale du XIIesiècle venant de l'église de Rocquancourt. Elle a été restaurée. Elle conserve des traces de polychromie », explique le conservateur. Il cite aussi deux lucarnes de fenêtres, en pierre de Caen, provenant de la maison de Malherbe.

Buste sans tête, pilori, machine à laver...:

Le visiteur, samedi ou dimanche, passera devant les statues de trois saints (notre photo) qui semblent ouvrir l'exposition. Un saint Pierre du XVe, un saint Vigor de Bayeux du VIIe et un saint Paul du XVe côtoient dans un autre genre un buste de Pierre Demolombe, ancien professeur d'éloquence, dont la statue se situait place de la République...

Si la grande majorité des pièces est répertoriée et informatisée, « ce qui permet d'avoir une traçabilité », ceci n'empêche pas les anecdotes à raconter. Ainsi l'énigme du buste sans tête au fond du bâtiment. « Son costume prouve que c'est celui de Guillaume le Conquérant. La statue était à l'abbaye aux Hommes mais elle a été décapitée pendant la Révolution. » Toujours au fond, un pilori d'Annebault semble encore menaçant avec ses chaînes. Il est daté de 1775. Juste derrière, la maquette de la Bastille qui a été offerte aux 22 provinces.
D'autres pièces sont aussi surprenantes dans la partie ethnologique du bâtiment. On croise, dans les allées, une trieuse à oeufs d'avant-guerre, un ensemble de cardeuses à laine, un alambic, une machine à laver complète du XIXe siècle avec son mouvement mécanique et chauffée au charbon.

Une sympathique enseigne des « Courriers normands » croise plus loin « un ensemble de moulages en plâtre d'Arcisse de Caumont qui lui servaient pour ses cours d'antiquité monumentale », indique Pascal Leroux qui en prend un avec précaution : un étonnant moulage du massacre des Innocents dont l'original se trouve dans l'église de Norrey-en-Bessin.


Éric AUPOIX.
Ouest-France
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