Bruneaux graveurs à Caen.

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Bruneaux graveurs à Caen.

Message par LORD le Ven 25 Mar - 12:18

Boujou.

Victor, Lucien, Michel, Jérôme. Depuis un siècle, ils perpétuent le nom de Bruneaux graveurs,boulevard Leclerc à Caen.
L'histoire

Une facture en atteste : le 1er avril 1911, M. Lamy achetait 100 cartes de visites et demandait à graver sur une brosse à écailles deux initiales. Victor Bruneaux prenait la succession du graveur Abel Le Coq au 35 du boulevard Saint-Pierre (devenu aujourd'hui boulevard Leclerc en face du cinéma Pathé dans le centre-ville de Caen) dans une maison fondée en 1835 par Boscain. « C'est un client qui a déposé cette facture un jour, je n'ai même pas eu le temps de le remercier », précise Jérôme, 4e génération de Bruneaux graveur. « C'est un document rare car pendant la guerre, le magasin avait été détruit et tout ce qui s'y trouvait aussi. »

De son ancêtre, il ne sait pas grand-chose. Juste qu'il était arrivé de Paris avec un titre de meilleur ouvrier de France. Son fils Lucien lui a succédé jusqu'à la guerre donc, où une partie de la famille a succombé aux bombardements. « Mon père a survécu, il avait 8 ans à l'époque. Il a poursuivi le métier en faisant son apprentissage de graveur à Paris et il est revenu s'installer à Caen, au même endroit. C'était en 1957. » Parti à la retraite il y a 14 ans, il lui arrive encore régulièrement de s'installer dans le petit atelier situé à l'étage, au-dessus du magasin.

« Mon père souhaitait que je fasse de l'informatique ou de l'électronique mais je suis tombé dans la gravure tout petit... » explique Jérôme. Après un apprentissage à l'école Boulle à Paris, il revient à l'âge de 19 ans. Ça fait 29 ans tout juste et la passion est encore présente. Pourtant le métier a évolué. Dans son atelier, trop étroit, on passe de l'établi à la machine à commandes numériques, du burin au logiciel, de la signalétique pour collectivités locales à la gravure d'une timbale en argent pour bébé. D'un siècle à l'autre en quelque sorte.

Du burin au numérique :

« Il faut s'adapter et suivre l'évolution. On a fait les plaques professionnelles, puis des pièces pour Philips, Moulinex ou Bosch et autres. Maintenant, c'est plus pour des collectivités locales. Mais j'ai une entreprise avec six salariés. Il faut bien faire tourner la boutique. On peut aussi commencer une pièce au numérique, la poursuivre au pantographe et la fignoler à la main. »

Trophées, alliances, cuillères, médailles, vous pouvez tout demander ou presque. Le savoir-faire de la maison Bruneaux est reconnu. « Pour le 50e anniversaire du Débarquement, on a des médailles qui sont parties chez Bill Clinton, la reine d'Angleterre ou le pape Jean-Paul II. » Et faire reconnaître un métier qui demande de la patience et du doigté. « On prend beaucoup de risques : quand on nous apporte un bijou de famille, il a sinon une valeur marchande, au moins une grande valeur sentimentale. On n'a pas le droit à l'erreur. » Des qualités que Bruneaux graveurs entend perpétuer encore longtemps.

Jean-Luc LOURY. Ouest France.

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