Présidentielle 2017 : quels rôles pour les Normands ?

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Présidentielle 2017 : quels rôles pour les Normands ?

Message par LORD le Mar 27 Sep - 14:12

Boujou,

Tour d’horizon. D’Alain Juppé ou de Bruno Le Maire à François Hollande, de Marine Le Pen à Emmanuel Macron, de Nicolas Sarkozy à Europe Ecologie-Les Verts, sans oublier la gauche de la gauche, qui sont ces Normands qui joueront les premiers rôles au plan national auprès des candidats, qu’ils soient déjà déclarés ou non ? Quelle que soit la couleur politique, de nombreux élus normands sont déjà dans les starting-blocks pour l’élection préférée des Français des 23 avril et 7 mai 2017. Au-delà de leur soutien et de leur implication auprès de tel ou tel candidat, certains jouent déjà une autre partition et comptent bien, en cas de victoire, pouvoir continuer à jouer les tout premiers rôles au lendemain du second tour.

Le premier carré de François Hollande :

Dans les coulisses du pouvoir, l’organigramme se met en place autour de François Hollande. Et les Normands sont en première ligne.
Guillaume Bachelay. Le député de la Seine-Maritime est devenu, au fil des mois, « l’éminence grise du PS », selon l’une de ses proches. Il est aujourd’hui la plume de François Hollande pour ses grands discours politiques comme celui consacré à la démocratie et le terrorisme. « Celui sur la gauche et le pouvoir prononcé salle Wagram également, mais au printemps, était fantastique », souligne une élue de la Seine-Maritime, admirative. Pourtant, le député PS de la Seine-Maritime n’est pas un « hollandais » de la première heure. Longtemps « aubryiste », il s’était fait une spécialité des petites phrases, une sorte de sniper au sein même de sa famille politique. Pêle-mêle avant la victoire de François Hollande : « On ne battra pas une droite dure avec une gauche molle » (automne 2011), « la présidentielle, Hollande y pense en nous rasant » (2009), ou encore « qu’on commette des erreurs en politique c’est possible ; qu’on les commette toutes, c’est fou ! » (2010 à propos de Ségolène Royal). Sitôt François Hollande à l’Élysée, Guillaume Bachelay avait annoncé qu’il voulait sortir de ce rôle de « première gâchette » chez les tontons flingueurs. Aujourd’hui, il amène du fond mais rode aussi quelques formules bien senties mais nettement moins sarcastiques : « A l’ère du moi je, il faut montrer les enjeux. » Quelle place exacte aura Guillaume Bachelay dans le dispositif Hollande 2017 ? Pour l’heure, outre écrire les discours du président sortant, il coordonne le projet auprès des fédérations.

Estelle Grelier. Début 2016, le débat sur la déchéance de la nationalité et la toute première mouture de la loi El Khomri l’ont un peu désarçonnée. Mais aujourd’hui, Estelle Grelier est une fidèle parmi les fidèles au président de la République qui l’a nommée, en février, au poste de secrétaire d’État aux collectivités locales. La jeune élue fécampoise est chargée de mettre de l’huile dans les rouages entre le gouvernement et les collectivités locales. Ses nombreux déplacements sur le terrain auprès des élus locaux ne sont pas seulement de la « calinothérapie » auprès des exécutifs qui s’estiment malmenés, il s’agit aussi de rassurer et de tracer des perspectives encourageantes. C’était le sens des premiers ateliers de la simplification lancés début septembre au Havre (une ville où elle aime bien se rendre, samedi dernier encore à bord d’un remorqueur), au côté de Jean-Vincent Placé. En tout cas, Estelle Grelier figure dans la jeune garde rapprochée de François Hollande. Mi-septembre, elle dînait à l’Élysée avec trois autres ministres, qui devraient elles aussi jouer un rôle de premier plan dans la campagne, Najat Vallaud-Belkacem (Éducation nationale), Audrey Azoulay (Culture) et Myriam El Khomri (Travail). Pour l’heure, pas d’organigramme officiel mais juste la volonté de mettre en avant la jeune garde ministérielle, rapporte L’Express.
Valérie Fourneyron. L’ex-ministre des Sports soutiendra François Hollande et devrait conserver un rôle auprès du monde sportif qu’elle connaît bien et qui l’apprécie.
Marc-Antoine Jamet. Le maire de Val-de-Reuil est un aficionado du président sortant qu’il suit dans la plupart de ses voyages long-courriers. Son compte Twitter en témoigne à chaque déplacement... Premier secrétaire de la fédération PS de l’Eure, « MAJ » s’emploie, sur le terrain, à défendre le bilan de l’actuelle majorité.
Bernard Cazeneuve. Le ministre de l’Intérieur, ex-maire de Cherbourg, est évidemment au premier rang dans le dispositif Hollande.
Marie Le Vern. La députée de la 6e circonscription de la Seine-Maritime sera, où qu’il soit, dans le sillage de Manuel Valls.

La gauche de la gauche dans l’expectative :

À la gauche de la gauche, c’est encore le flou : qui incarnera cette famille politique. L’ancien socialiste Jean-Luc Mélenchon, qui a passé une partie de son enfance à Yvetot ? Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste ? Dans ce dernier cas, plusieurs élus de la région pourraient jour un rôle dans la campagne, comme Sébastien Jumel, le maire de Dieppe, ou encore Céline Brulin, la secrétaire départementale du PCF en Seine-Maritime, tout comme Nathalie Nail, conseillère municipale au Havre.

Travert marche pour Macron :

Plutôt positionné à la gauche du Parti socialiste, Stéphane Travert roule pourtant pour Emmanuel Macron.
Député de la Manche et conseiller régional de Normandie, Stéphane Travert est un proche d’Emmanuel Macron. Samedi, il l’accompagnait à Lyon où se tenait un rassemblement des réformateurs européens autour du sénateur-maire de la ville, Gérard Collomb. A son tour, le député devrait accueillir prochainement dans son département le très probable candidat. Le positionnement de Stéphane Travert auprès de l’ex-ministre de l’Économie a de quoi surprendre. « Il est vrai que je devrais soutenir Benoît Hamon, mais cette gauche de la gauche est morcelée et elle fait le pari de la défaite en attendant 2022. Moi, je fais le pari que l’on peut encore gagner en 2017 », explique-t-il. Selon lui, « le seul qui a la capacité de faire bouger les lignes, c’est Emmanuel Macron ».

Cormand, chef de famille écolo :

Élu de la métropole de Rouen, David Cormand tient le rôle de chef de famille chez les écologistes.
Il n’est pas candidat mais tient le premier rôle. Élu de Canteleu, ancien conseiller régional de Haute-Normandie, David Cormand dirige aujourd’hui Europe Ecologie-Les Verts après avoir été dans l’ombre d’Emmanuelle Cosse lorsque cette dernière était la « patronne » du parti écologiste. David Cormand, qui réfléchit à une candidature aux législatives de juin 2017, orchestre aujourd’hui la présence écologiste à la présidentielle. « Notre conviction est que dans le moment de décomposition politique que notre pays et l’Europe traversent, nous avons besoin d’un nouvel imaginaire politique, celui de l’écologie, mais aussi de nouvelles méthodes et pratiques pour faire vivre la démocratie », a-t-il insisté samedi lors du conseil fédéral d’EELV. David Cormand estime que sa famille politique, souvent dissipée, doit apparaître comme « les défricheurs d’une démocratie renouvelée ».

Édouard Philippe, l’homme-clé du plan Juppé :

Il joue le premier rôle auprès d’Alain Juppé. En cas de victoire du maire de Bordeaux, Édouard Philippe continuera sûrement de tenir un poste-clé.
Il faut le revoir, au lendemain de sa défaite - la seule qu’il ait connue à ce jour d’un point de vue électoral - aux législatives de 2002 face à Daniel Paul (PCF). A l’heure du café, Alain Juppé au téléphone. Il lui propose de devenir le directeur général de l’UMP qu’il est en train de lancer. « Oui monsieur le Premier ministre », lui répond-il. Depuis, Édouard Philippe n’a jamais quitté le sillage de son mentor - un de ses deux mentors d’ailleurs, l’autre étant Antoine Rufenacht avec lequel il ne partage pas la même analyse pour la présidentielle 2017. Fan de Springsteen, écrivain à ses heures, Édouard Philippe joue un rôle de premier plan dans le cercle le plus rapproché du maire de Bordeaux. Sur les plateaux télé ou à la radio où il est très souvent invité, Édouard Philippe défend les propositions du candidat. Il est peu adepte des petites phrases à l’emporte-pièce, ne joue pas un rôle de sniper, seul le fond et non l’écume des choses le passionne. En cas de victoire de Juppé, Édouard Philippe jouera un rôle majeur. « Il se voit déjà Premier ministre », a confié un proche du candidat à Gaël Tchakaloff, auteur de Lapins et merveilles (Flammarion). « Peu connu du grand public, il est la pépite, la découverte, la future idole juppéiste », note l’auteur. Un de ses amis (de gauche) lui a consacré un documentaire consacré à sa victoire aux municipales au Havre en 2014 et récemment diffusé sur France 3. Un autre est en cours de tournage, sur la primaire cette fois-ci. « J’espère, dit-il, qu’il se terminera aussi bien... »

Le dispositif au féminin de Nicolas Sarkozy :

Parmi ses soutiens normands, Nicolas Sarkozy peut compter, notamment, sur deux femmes.
Sophie Gaugain. Première vice-présidente de la Région, l’ex-collaboratrice de Nicole Ameline et Xavier Bertrand accueille ce lundi soir Nicolas Sarkozy pour un meeting dans sa commune de Dozulé. Au printemps, le président des Républicains l’avait nommée comme secrétaire nationale au handicap. Elle lui avait apporté son soutien et devrait jouer un rôle dans la campagne sur les questions du handicap.
Françoise Guégot. La députée LR de la Seine-Maritime est de longue date une proche de Nicolas Sarkozy - elle fut sa conseillère politique quand il présidait le parti politique - et de Laurent Wauquiez, qu’elle accueillera demain mardi à Rouen. Lui aussi soutient Nicolas Sarkozy. La secrétaire départementale de la fédération LR figure dans la garde rapprochée du candidat.

Antoine Rufenacht, le sage en politique :

Sa longue expérience politique - il fut secrétaire d’État sous Barre - en fait une figure à part. Antoine Rufenacht est conseiller politique de Nicolas Sarkozy. Pourtant, les deux hommes n’ont pas toujours été en phase. Ils se sont rapprochés en 2007 lorsque l’ex-maire du Havre avait confié qu’il ne voyait pas qui d’autre que lui pourrait porter les couleurs de la droite. Son rôle aujourd’hui ? « Je donne mon avis quand on me le demande. Et même si on ne me le demande pas », sourit-il. Ce lundi soir, l’ancien directeur de campagne de Jacques Chirac (2002) sera en réunion publique à Evreux.

La garde normande de Bruno Le Maire :

Candidat à la primaire, le député LR de l’Eure s’appuie sur un maillage d’élus constitué depuis 2010 et sa campagne pour les Régionales de l’époque.
Bruno Le Maire entraîne dans son sillage des élus de la région, appelés à jouer un rôle. Au moins jusqu’aux résultats de la primaire de la fin novembre. Parmi eux, le président du conseil départemental de l’Eure, Sébastien Lecornu. Redoutable politique, il appartient depuis longtemps au tout premier cercle de BLM. Parmi les autres acteurs de la campagne de Le Maire, deux femmes, Nicole Duranton, secrétaire départementale LR de l’Eure, et Marie-Agnès Poussier-Winsback, maire de Fécamp, qui fut sa directrice de campagne aux Régionales 2010. Elle a intégré à Sète, la semaine dernière, la garde rapprochée en devenant conseillère politique du candidat. BLM peut également compter sur le sénateur UDI Hervé Maurey, ancien maire de Bernay, membre de l’équipe des délégués au projet. Le maire d’Evreux, Guy Lefrand, et celui de Louviers, François-Xavier Priollaud (UDI) figurent également dans son équipe. Augustin Bœuf et Jonas Haddad devraient également jouer un rôle auprès des jeunes Républicains en Normandie. Quant à Alexandre Rassaërt, le jeune maire de Gisors, il fait partie de ses conseillers pour les relations avec les élus locaux. Tous devraient se retrouver le vendredi 14 octobre pour le seul meeting de campagne en Normandie, à Pacy-sur-Eure.

Chez Fillon :

François Fillon s’appuie dans la région sur le maire de Caen, Joël Bruneau, qui lui a récemment apporté son soutien, et sur les parlementaires Philippe Bas (Manche), Véronique Louwagie (Orne) et Jean-Claude Lenoir (Orne). Il peut compter sur le maire de Forges-les-Eaux, Michel Lejeune, pour orchestrer sa campagne en Seine-Maritime.

Quid de Morin ?

Hervé Morin tiendra-t-il un quelconque rôle dans la campagne de la présidentielle ? Candidat à rien ni à aucun poste ministériel comme il le répète à l’envi depuis l’été 2015 et son entrée dans la bataille pour la Région Normandie, l’élu eurois n’a toujours pas dit qui il soutiendrait. En fait, Hervé Morin a déjà pris sa décision mais ne la dévoilera, en principe, qu’aux alentours du 8 octobre, à son retour de Russie, sous la forme d’un appel lancé avec une centaine d’autres élus du Nouveau centre et des Bâtisseurs, les mouvements qu’il préside au plan national. Aujourd’hui en tout cas, tous les paris restent ouverts. Son choix devrait porter soit sur Nicolas Sarkozy - qui lui a donné l’investiture pour les Régionales mais nombre de ses proches ont choisi une autre option - soit sur Alain Juppé - centro-compatible - ou sur Bruno Le Maire, proximité géographique oblige mais aussi parce que le député de l’Eure lui avait apporté son soutien aux Régionales fin 2015... L’hypothèse Fillon, un temps privilégiée (en janvier dernier, Hervé Morin pronostiquait que l’ancien Premier ministre serait le prochain président de la République), semble avoir du plomb dans l’aile. Hervé Morin dit simplement pour le moment vouloir soutenir un candidat qui incarne « l’espoir » et devrait participer à plusieurs meetings de campagne.

Bay, le stratège du FN :

Nicolas Bay joue un rôle de premier plan auprès de Marine Le Pen. Pas seulement pour la présidentielle.
Conseiller régional de Normandie et député européen, Nicolas Bay tient un rôle majeur auprès de Marine Le Pen. Il est secrétaire général du FN et court les studios (dimanche matin sur iTélé) pour porter la parole politique de la candidate. Fin connaisseur de la carte électorale et redoutable stratège politique selon ses proches, il mène en parallèle de la campagne présidentielle la bataille des législatives de juin 2017. Mi-septembre, Nicolas Bay a été nommé directeur de la campagne des élections législatives. Il a la responsabilité de l’organisation et de l’animation des 577 candidats, avec l’objectif de constituer une majorité « bleu marine » à l’Assemblée nationale.


Dossier Stéphane Siret.

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