Interview de Laurent Beauvais.

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Interview de Laurent Beauvais.

Message par LORD le Jeu 5 Mar - 21:54

Boujou.
Interview parue dans "Le Point".

"Lepoint.fr : Que pensez-vous des propositions du comité Balladur ?
Laurent Beauvais : Il n'y a pas assez de régions là-dedans ! Il faut clarifier et renforcer les compétences des régions. Je suis donc très déçu que ce rapport n'aille nulle part sur ce sujet extrêmement important, que défend l'ARF (Association des régions de France). La question de la clarification des compétences ne se pose pas avec les départements. Nous n'avons pas de problème avec les départements, mais avec l'État. Nous sommes toujours dans une très insuffisante décentralisation depuis les lois Raffarin de 2004.

Lepoint.fr : Dans quels domaines la décentralisation vous semble-t-elle insuffisante ?
L. B. : Je pense notamment à l'innovation et à la formation, qui sont essentielles, mais aussi à l'enseignement supérieur, à la recherche et à des publics comme les handicapés, ou les personnes en centres de détention, qui sont sous la compétence de l'État. L'État a plein d'autres choses à faire au niveau national, sur des sujets importants comme la justice, la santé, la défense... L'ARF propose donc qu'on rende maintenant aux régions leur légitimité, qui est une légitimité de terrain, de proximité...

Lepoint.fr : En quoi l'idée de ramener le nombre de régions de vingt-deux à "une quinzaine" est-elle intéressante ?
L. B. : C'est un faux débat. Le vrai débat, c'est la clarification des compétences. Et dans ce domaine, le gouvernement est centralisateur. Il ne veut pas faire l'acte III de la décentralisation (après les lois de décentralisation de 1982 et 2004, NDLR), en faveur de compétences nouvelles pour les régions. C'est pourtant ce que beaucoup de présidents de régions attendent.

Lepoint.fr : "Il y a deux Normandie, on les aime, mais en faut-il deux ?", lançait Nicolas Sarkozy, le 27 novembre, devant les maires de France. Que lui répondez-vous ?
L. B. : Depuis plus de 10 ans, je suis un partisan de la réunification des deux Normandie (qui existent depuis 1956). Je n'ai pas attendu d'être président de région (en avril 2008, après la démission du socialiste Philippe Duron, NDLR) pour le dire, et encore moins que Nicolas Sarkozy fasse cette belle déclaration d'amour, ce qui est, en revanche, le cas des élus de droite en Basse-Normandie. Ils sont soudainement devenus réunificateurs après la déclaration du Président ! Tout le monde est rentré dans le rang, mais il ne faut pas oublier qu'en 2004, les régionales se sont faites sur cette question de la réunification, et la droite, qui était contre, a perdu.

"Le mode de scrutin suggéré par monsieur Balladur est un retour en arrière"

Lepoint.fr : Pourquoi êtes-vous favorable à la réunification ?
L. B. : Il y a beaucoup de complémentarités entre les tissus économiques et sociaux des deux régions et pas forcément de gros antagonismes. Ce phénomène s'est d'ailleurs accéléré depuis 2004. Et je pense qu'en rassemblant ces cinq départements, ce qui fait un peu plus de 3 millions d'habitants, on a la capacité de renforcer nos politiques maritime, économique, scientifique, universitaire... Par ailleurs, on ne refait pas le passé, mais il est possible que nous ayons manqué de forces pour négocier avec l'État de grands investissements, dans le domaine ferroviaire notamment. Les deux Normandie sont les seules régions à ne pas avoir le TGV. Les grands investissements sont aujourd'hui obtenus par des rapports de force, des campagnes de lobbying, de la stratégie... Peut-être qu'une Normandie aurait plus d'atout de ce point de vue là. J'ajoute qu'à l'étranger, on ne connaît qu'une région : la Normandie.

Lepoint.fr : Une Normandie, donc. Avec quelle capitale ?
L. B. : C'est vrai que le problème se pose. Et de ce côté-là, des choses peuvent être tirées du rapport Balladur. Il préconise de faire de Rouen (Haute-Normandie) une métropole à partir de 2014. Cela peut donc être compatible avec le fait de désigner Caen (Basse-Normandie) capitale de la Normandie. Leurs fonctions seraient complémentaires. Rouen est une grande ville de 400.000 habitants, soit deux fois plus que Caen, mais Caen est plus stratégique d'un point de vue géographique. On peut avoir dans ce nouveau paysage, un jour, une intéressante répartition des rôles, avec Caen en capitale politique et Rouen en métropole de développement.

Lepoint.fr : Vos camarades socialistes Pierre Mauroy et André Vallini faisaient partie de la commission Balladur. Soutenez-vous leur participation ou considérez-vous, à l'instar de Martine Aubry, qu'ils auraient dû la quitter ?
L. B. : Ils ont eu raison d'accepter, car cela ne servait à rien de pratiquer la politique de la chaise vide. Maintenant, j'apprécie beaucoup que Pierre Mauroy dise ce qu'il pense et apporte les critiques qu'il faut, à savoir notamment qu'on ne va pas assez loin dans un acte III de la décentralisation. Il met également en avant ces histoires de tripatouillages de modes de scrutin comme un élément d'affaiblissement des collectivités et non de renforcement des régions.

Lepoint.fr : Justement, Mauroy et Vallini ont rejeté l'idée de désigner par une même élection les conseillers généraux et les conseillers régionaux. La mesure a toutefois été adoptée...
L. B. : Le mode de scrutin suggéré par monsieur Balladur est un vrai retour en arrière. Le fait qu'il y ait des conseillers territoriaux à la région le matin et au département l'après-midi va complètement briser la clarification des responsabilités. Être conseiller régional, c'est faire tous les jours des choix qui sont sur une grande échelle territoriale, à savoir plusieurs départements (trois pour la Basse-Normandie, NDLR). Cela nécessite une cohérence de programmation dans le temps. La logique cantonale est, de son côté, souvent un obstacle pour des grandes décisions en matière d'aménagement régional... Ce mode de scrutin va affaiblir les régions alors qu'il faut les renforcer. Il faut un mode de scrutin qui permette au citoyen d'identifier, de responsabiliser ses choix régionaux. Le mode de scrutin actuel est le moins mauvais que nous n'ayons jamais eu jusqu'alors. On peut l'améliorer, mais il faut un mode direct pour que la démocratie régionale s'exerce complètement.

Interview parue dans "Le Point" hier (04/ 03/ 2009).


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Re: Interview de Laurent Beauvais.

Message par Guillaume le Ven 6 Mar - 1:39

Beauvais est tout de même plus plaisant à lire que Le Vern !

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Re: Interview de Laurent Beauvais.

Message par carente50 le Ven 6 Mar - 1:43

boujou
ça c'est sur mais en fait que dire de LeVern c'est un breton il peut pas comprendre

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Re: Interview de Laurent Beauvais.

Message par LORD le Ven 6 Mar - 11:07

Boujou.

C'est normal Beauvais il est du Perche...

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Re: Interview de Laurent Beauvais.

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