COOPETITION: un mot OGM !!!

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COOPETITION: un mot OGM !!!

Message par Florestan d'Hudimesnil le Dim 13 Fév - 2:23

« COOPETITION » un mot OGM !

Un oxymore de plus dans la langue de bois publique pour masquer l’absence d’un projet régional normand solidaire et ambitieux

Les territoires qui sont capables de susciter des politiques publiques volontaristes, ambitieuses et solidaires pour préparer l’avenir surtout en cette période de morosité économique et sociale, sont les territoires dont la « géo-histoire » paraît évidente à tous, tant aux décideurs et acteurs publics et privés de ces territoires qu’aux citoyens qui les habitent.

Mais quand cette évidence « géo-historique » est discutée faute de la connaître ou de la pratiquer concrètement ou pire, lorsqu’elle est contestée voire méprisée pour des raisons souvent inavouables qui n’ont aucun rapport avec l’Histoire et la Géographie, par une partie du personnel politique censé servir l’intérêt général du territoire, le moment est venu de voir fleurir dans le discours public formaté, l’un de ces « mots valises » au sens paradoxal sinon oxymorique chargé de nous embrouiller les sens pour mieux masquer l’absence d’idées, de réflexion ou de projets de certains élus qui, n’habitant finalement nulle part, n’ont au mieux que des arrières pensées politiciennes pour penser leur prochain mandat en rapport avec la seule géographie du découpage électoral…

N’être que le géographe de sa circonscription dans le seul but d’être réélu peut générer, chez quelques professionnels de la vie publique locale peu au fait des questions géographiques et historiques, une sorte de « crétinisme » localiste qui peuvent les aveugler sur les vrais enjeux du développement ou de l’aménagement des territoires.

L’histoire du mouvement intercommunal et de la décentralisation depuis les années 1980 illustre combien il est parfois difficile de concilier l’intérêt général d’un territoire tel qu’il est par l’histoire et la géographie et tel qu’il fonctionne dans ses institutions administratives et politiques…

COOPETITION

Voici donc un mélange monstrueux de « coopération » et de « compétition » : un vrai OGM, faute de choisir la coopération pour un projet d’intérêt général qui seul mettrait un terme à la compétition des territoires souvent instrumentalisée par des considérations localistes et des rivalités politiques personnelles…

Il a été question de ce machin à Evreux le 17 janvier dernier lors du colloque organisé par le conseil général de l’Eure : les débats portaient sur la place de l’Eure à l’heure du « Grand Paris »… Ce sophisme séduisant est donc chargé finalement de nous dire la chose suivante : nul besoin de faire preuve de volonté ou d’un effort politique particulier pour défendre et promouvoir un projet solidaire pour le territoire car la compétition entre les territoires décidera qui pourra coopérer avec qui…

Autrement dit : la « coopétition » c’est le « darwinisme » de la sélection naturelle des plus forts et des plus compétitifs appliqué à l’aménagement du territoire et qui dédouane de leurs responsabilités, les collectivités territoriales tout comme l’Etat.

On est, désormais, bien loin de l’idéal républicain de la DATAR d’une vraie décentralisation et on se souviendra de cette fable de La Fontaine qui nous conte les déboires d’un agneau voulant étancher sa soif aux côtés d’un loup sur la même rive pour se faire une assez claire idée de ce que pourrait être la « COOPETITION »

Alors disons le choses comme elles le sont : cet OGM lexical est employé par des décideurs publics qui doutent de l’évidence normande et de la possibilité d’être réellement solidaires parce qu’ils refusent, pour des raisons qui leur appartiennent, de se mettre au service d’une évidence « géo-historique » sinon d’un BIEN COMMUN légué par l’Histoire et la Géographie.

Intégrer cette évidence normande est pourtant la seule solution pour mettre en œuvre les politiques publiques et les projets qui permettront réellement de préparer l’avenir sur les circonscriptions électorales des uns et des autres. C’est la seule solution pour que nos territoires aient enfin une signification ou un intérêt dans des ensembles plus vastes ou plus puissants ( la région parisienne, l’Etat français, les institutions européennes)…

On préférera donc la Normandie vue par Jules Michelet, « le visage de majesté » qu’offre la France au bord de la mer la plus fréquentée du Monde, que cet « espace de coopétition » entre Paris et la Mer entraperçu par quelques technocrates et qui n’éblouira que les imbéciles.

Autre chose encore : ne pas confondre TERRITOIRE, terre habitée par les humains vivant encore sur le « plancher des vaches » et ESPACE, machin parfois utile qui sert à penser les territoires dans les bureaux .

Une dernière chose pour finir : il y a tout de même en Normandie des élus « conquérants » au service d’un intérêt général normand, à quelques mois du grand oral national qui tranchera pour savoir s’il est justifié ou non de tant dépenser pour doter la Normandie de la meilleure sortie ferroviaire de la région parisienne…

Il s’agit, finalement, de décider si la Normandie, en tant que façade maritime et portuaire privilégiée peut encore apporter quelque chose à la France et à l’Europe. Il s’agit donc de décider si l’avenir est encore possible en Normandie, si l’avenir même de la Normandie est encore possible.
Il s’agit de savoir si nos élus seront enfin capables de s’entendre pour se faire entendre …

Qui sont ces responsables politiques « conquérants » ?

Tous les élu(e)s qui ont la lucidité de ne pas confondre l’antisarkozysme (aussi justifié soit-il) et l’élaboration d’un vrai projet régional ou qui refusent avec courage de confondre la politique avec la politique politicienne…

Parmi ces élus courageux, il faut citer, sans flagornerie aucune et en toute objectivité, Laurent Beauvais, le président PS du Conseil régional de Basse-Normandie dont l’action fut décisive depuis le printemps 2009 jusqu’à aujourd’hui pour que le principe d’une desserte ferroviaire moderne et globale de l’ensemble de la Normandie soit la base du consensus ou du débat. N’oublions pas, bien sûr, le geste initial visionnaire de l’ancien maire UMP du Havre, Antoine Rufenacht de proposer une dimension maritime au « Grand Paris » qui, seule, fera de la solution du problème normand un enjeu national.

A ce tableau d’honneur et à notre grand regret, il manque des noms et non des moindres : l’un se tait et attend tandis qu’un autre se perd dans un combat d’arrière- garde contre l’évidence normande…

Aux élus volontaires et courageux, on leur souhaite de poursuivre sans avoir peur d’être seuls pour avoir eu raison trop tôt. Quant aux autres, on leur souhaitera vivement de ne pas mener le combat d’arrière-garde… de trop !

Florestan d'Hudimesnil

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