La santé en Normandie.

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La santé en Normandie.

Message par LORD le Mer 11 Fév - 15:07

Boujou.

"La Haute-Normandie est l'une des régions qui accuse un grave déficit en matière d'accès aux soins. Elle se situe au 18e rang des 22 régions françaises en terme de densité de médecins généralistes, au 21e rang pour les masseurs-kinésithérapeutes et au 22e rang pour les chirurgiens-dentistes. Les patients ne sont pas mieux lotis s'ils ont besoin de consulter un médecin spécialiste puisque la Haute-Normandie se classe au 19e rang des régions les plus attractives.

« En terme de densité de médecins spécialistes, le territoire régional n'est pas égal devant la raréfaction de l'offre. C'est d'ailleurs valable aussi pour les médecins généralistes. On observe un double déséquilibre : entre l'Eure et la Seine Maritime, d'une part, et entre les agglomérations majeures et le reste du territoire, d'autre part », explique Adeline Carret, chargée de mission à l'Union régionale des caisses d'assurance maladie de Haute-Normandie (Urcam).
Ainsi la densité de spécialistes en Seine-Maritime est deux fois plus importante que dans l'Eure, et les pôles que constituent Le Havre et Rouen, dans une moindre mesure Evreux-Vernon, concentrent les implantations de spécialistes. « Il n'y a pas d'explication concrète à ce constat. Toutefois, il est clair qu'une plus grande attractivité pour le sud de la France, ou les régions comme la Bretagne ou la côte atlantique peut être un élément de réponse », ajoute Adeline Carret.
Si la densité de spécialistes est donc faible en Haute-Normandie (6,1 pour 10 000 habitants contre 8,7 en France), l'offre reste cependant accessible dans la région, avec une distance moyenne entre le spécialiste et ses patients qui va de onze kilomètres pour l'ophtalmologue à quatorze kilomètres pour le pneumologue.

Un spécialiste sur cinq a plus de 60 ans:
Au-delà de ce constat inquiétant, un autre phénomène est également préoccupant pour l'avenir : l'âge des médecins. « 20 % d'entre eux ont plus de 60 ans, de nombreux départs à la retraite sont annoncés pour les prochaines années », détaille-t-on à l'Urcam de Haute-Normandie. « Le remplacement de ces départs apparaît problématique. »
Comment faire alors ? Roselyne Bachelot a bien une petite idée : la ministre de la Santé, à travers son projet de loi, veut mieux répartir les médecins sur le territoire national, en aidant financièrement des projets « collant » aux besoins locaux ou encore en finançant, via des bourses, les étudiants en médecine qui s'engageraient à travailler en secteur rural. Reste à savoir si les parlementaires accepteront."

Baptiste Laureau. Paris Normandie.

LORD

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Re: La santé en Normandie.

Message par LORD le Mer 11 Fév - 15:15

Boujou.

Et en "basse" Normandie.

"Pour un peu, ils se croiseraient à Bucarest. Dimanche 8 février, Sophie Leroy, de l'Association pour la recherche et l'installation de médecins européens (Arime), devait s'envoler pour la capitale roumaine, deux jours avant que ses principaux concurrents, du cabinet Revitalis-Conseil, n'empruntent le même itinéraire.

Sur le même sujet:
L'examen du projet de loi "Hôpital, patients, santé, territoire" comme le 10 février à l'Assemblée nationale - ici, une salle de consultation, à l'hôpital de Tourcoing.
Les faits Lutte contre la désertification médicale : le gouvernement joue la prudence
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Compte rendu Roselyne Bachelot défend son projet de loi malgré l'opposition de nombreux acteurs de l'hôpital
Réforme de l'hôpital : les mesures du plan Bachelot
Edition abonnés Archive : "Les possibilités de bien soigner à l'hôpital n'ont fait que se dégrader"

Objectif des deux organismes, familiers de la liaison aérienne : rencontrer le maximum de médecins roumains tentés par l'aventure en France pour les présenter à des maires de communes rurales. La désertification médicale suscite un tel désarroi chez les élus locaux qu'un marché juteux s'est ouvert : les maires sont prêts à débourser plusieurs milliers d'euros pour s'assurer une présence médicale dans leurs campagnes.

Les deux agences, qui se livrent une concurrence féroce, se sont créées il y a trois ans avec la même intuition : les départs à la retraite des médecins du baby-boom ne seront pas compensés par l'installation de jeunes praticiens français, qui rechignent à exercer dans les campagnes. Xavier de Penfentenyo et son frère, qui s'occupaient jusqu'ici de placer des artisans et des petits commerçants dans les communes rurales, se sont donc reconvertis dans le médical en fondant Revitalis. Quant à l'Arime, elle a été créée par Sophie Leroy, sur les conseils de Daniel Duval, son père, directeur adjoint d'un hôpital public et conseiller juridique de l'association. "Mon père était confronté à une pénurie de médecins dans son hôpital, il a pensé qu'il fallait trouver un moyen d'y remédier", explique Mme Leroy.

Ni l'Arime ni Revitalis-Conseil n'ont la moindre compétence pour juger de la qualité d'une candidature de médecin. Ils l'avouent sans fard, expliquant qu'ils se fondent sur les diplômes - qui font l'objet d'une reconnaissance mutuelle entre pays européens depuis une directive de 1993 - et travaillent, comme Mme Leroy, au "feeling". "Je ne me pose pas la question de savoir si c'est un bon médecin ou pas, je reste sur ses diplômes, explique ainsi Xavier de Penfentenyo. En revanche, je me demande deux choses : est-il capable de travailler en zone rurale ? Aurais-je envie, à titre personnel, de le consulter ?"

Le recrutement est aisé, car le choix ne manque pas, et les candidats se bousculent. Depuis son entrée dans l'Union européenne, au 1er janvier 2007, la Roumanie a déjà fourni plus de 800 médecins à la France. Bien formés, francophones, les candidats résistent mal à l'argument financier. Dans leur pays, ils gagnent en moyenne 500 euros par mois, soit dix fois moins qu'un médecin généraliste français. "En Roumanie, on me proposait de très bons postes, mais à 300 euros par mois, témoigne le docteur Radu Moisa, installé à Chabreloche (Puy-de-Dôme), par l'intermédiaire de Revitalis. Je me disais, "il y a un zéro qui manque. Et c'est la France qui me l'offre".

A raison de 10 000 euros d'honoraires par médecin trouvé, Revitalis a déjà procédé à l'installation de vingt-sept praticiens sur tout le territoire, dont douze Roumains. L'Arime, elle, d'abord positionnée dans le secteur hospitalier, facture ses services 40 000 euros. Malgré ces tarifs élevés, beaucoup de "clients" se déclarent satisfaits : Christian Barges, le maire de Chabreloche, est ainsi "tout heureux" d'avoir trouvé le docteur Radu, "un médecin gentil, humain et dynamique". Son prédécesseur, un jeune Français, avait dévissé sa plaque "du jour au lendemain, et (était) parti sans prévenir pour le Sud". "On ne pouvait pas rester les pieds dans nos pantoufles à attendre que le médecin veuille bien venir", justifie M. Barges.

Même sentiment pour Marc Mouret, maire de Cayres (Haute-Loire), 700 habitants, qui a déboursé 9 000 euros pour une jeune doctoresse roumaine : "Ces agences, c'est très bien, on ne savait plus à quel saint se vouer, explique-t-il. On avait mis des annonces partout sur Internet, au conseil de l'ordre, dans les facultés de médecine. On n'a jamais eu un seul retour."

Mais l'affaire tourne parfois au vinaigre. Pascal Estier, maire des Ancizes-Comps (Puy-de-Dôme), juge très sévèrement les méthodes de ces officines après en avoir fait les frais dans sa commune. Au cours de l'année 2008, M. Estier a dépensé 40 000 euros pour que l'Arime lui trouve un médecin. Mais la greffe ne prend pas, le médecin est mal accueilli par ses confrères du coin et reçoit très peu de patients. L'homme se désespère quand il est contacté par Revitalis, qui a une commune intéressée dans son portefeuille. Il fait le déplacement à Mondoubleau, en Loir-et-Cher, où on lui déroule le tapis rouge. L'affaire est vite conclue : le 20 décembre, des amis de Jean Léger, maire de Mondoubleau, déménagent discrètement le médecin roumain au nez et à la barbe du maire des Ancizes-Comps.

Du côté de Revitalis, on assume l'entourloupe. "C'est le seul médecin qu'on a piqué à une commune, assure M. de Penfentenyo, mais si c'était à refaire, on le referait. On ne peut pas laisser un praticien étranger se morfondre sans clients. Ce médecin n'était pas attendu, il n'y a pas eu de réel diagnostic local." Le maire des Ancizes, lui, est amer : "La désertification médicale ouvre un champ large d'action à des gens limites, regrette-t-il. Mais on n'en serait pas là si l'Etat s'était donné les moyens de couvrir tout le territoire en présence médicale. Nous sommes seuls, nous, petits élus, pour faire face."

Les pratiques de ces agences de recrutement ne laissent personne indifférent. En Basse-Normandie, elles ont agi comme un aiguillon pour décider les médecins libéraux à s'organiser sur le territoire. " Dès 2006, on a vu arriver des médecins roumains et bulgares, vendus aux mairies par ces entreprises de rabattage, s'insurge Antoine Leveneur, président de l'Union régionale des médecins libéraux (URML) de Basse-Normandie. Ils étaient complètement perdus dans le système français d'assurance-maladie et repartaient au bout de trois mois." Depuis, l'URML a convaincu les tutelles sanitaires et les collectivités locales de passer une convention organisant l'offre de soins sur la région : "On donne une perspective d'installation intéressante pour les jeunes en les réunissant dans des cabinets de groupe, poursuit M. Leveneur. Et, du coup, on exonère les élus du poids et de la responsabilité de trouver un médecin."

En attendant que l'exemple de la Basse-Normandie fasse école - il a inspiré le projet de loi "Hôpital, patients, santé, territoire", discuté à l'Assemblée nationale à partir du 10 février -, le marché de la désertification prospère : Paragona, leader européen du recrutement de médecins étrangers, s'implante progressivement en France. Cette société suédoise, qui a recruté plus de 700 médecins au profit des pays scandinaves et de la Grande-Bretagne, s'intéresse depuis 2007 à la pénurie dans l'Hexagone. Après avoir passé une convention avec l'Agence régionale d'hospitalisation (ARH) de Picardie, Paragona installe ces jours-ci onze médecins roumains dans les centres hospitaliers d'Abbeville et d'Amiens. Une première étape avant de s'attaquer, demain, au marché de la médecine générale.

Mais il n'y a pas que les grosses "pointures" : après sa mésaventure, le maire des Ancizes, a été contacté "par plusieurs chasseurs de têtes" qui voulaient à leur tour lui proposer un médecin étranger. Parmi eux, Guy Copobello, un commercial spécialisé dans le rachat de pharmacies. Un jour, un pharmacien lui confie son angoisse face au manque à gagner que constituera le départ du médecin du coin : "Ça a fait flash dans ma tête, explique-t-il, je me suis rendu compte qu'il y avait un besoin énorme." Avec un ami français basé en Roumanie, il projette de créer une société pour offrir ses services aux communes. Il n'a pas encore réfléchi aux tarifs, "mais on est sur un marché très demandeur, donc ça se monnaie : 40 000 euros, c'est de l'escroquerie, mais autour de 20 000 euros, ça me paraît raisonnable".

Cécile Prieur. Le Monde.

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Re: La santé en Normandie.

Message par crosman le Mer 11 Fév - 15:34

Rassurant!!! En fait il y a d'autres solutions que d'aller en Roumanie. A la base réorganiser la santé en milieu rural et oublier les vieux clichés, ensuite proposer une formation spécifique et pas forcément "élitiste" ou "global" de la médecine pour ce type de médecine. A partir du moment où la médecine rurale est bien organisée et reliée en permanence à des centres de soins performants et une aide "en ligne" du "médecin de campagne" on peut arriver à faire quelque chose de bien avec des gens motivés. La mise en place de cabinets de groupe dans chaque chef lieu de canton est incontournable par ailleurs mais il faut réfléchir à l'acheminement des malades vers ceux ci.
Autres pbs aussi: il ya ...longtemps une grande proportion de médecins avaient une vocation...Ce n'est malheureusement plus le cas. En outre des conjoints étaient près à aller à la campagne, c'est de plus en plus rare, et la profession s'est dévalorisée comme pour celle d'instituteur par exemple. Enfin en ce qui concerne notre région il faudrait que nos élus sachent mieux la "vendre" et organiser le "territoire santé"!

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Re: La santé en Normandie.

Message par LORD le Mer 11 Fév - 16:44

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Parfaitement l'amin... tu poses exactements les limites actuelles du problême qui est à la fois personnel (la vocation) et régional (la volonté et l'image).

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Re: La santé en Normandie.

Message par carente50 le Mer 11 Fév - 23:00

boujou
mon beauf grec quand il eut finis ses études de toubib en Grèce devait a l'état 2 ans de pratique dans un village grec a prendre ou a laissé comme ont, dit il fut "muté" dans un village cretois ou le seul point d'eau étai le puit sur la place du village pour moi voila un bonne exemple a suivre .Nos jeunes médecins sont trop gâtés , il devraient bien 2 ans à l'etat vu le prix de revient de leurs études
boujou joel

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Re: La santé en Normandie.

Message par LORD le Jeu 12 Fév - 14:58

Boujou.

" Vanter les mérites de la qualité de vie en milieu rural ne suffit pas pour attirer de jeunes médecins.Il faut aussi créer les conditions pour les accueillir. Exemple à Vassy, près de Vire.
Michel Rocca l'a bien compris, les jeunes préfèrent la ville. Médecin et maire de Vassy, il ne cesse pourtant de vanter les mérites de la campagne. « Il y a moins de stress et des liens se nouent plus facilement avec les patients. » Jusqu'à l'année dernière, ils n'étaient que deux généralistes sur le canton pour 5 500 habitants. Michel Rocca a donc décidé de faire venir un associé, jeune de préférence.

Pour attirer les candidats, il a fait construire un cabinet flambant neuf. « Il faut mettre en avant de bons outils de travail et un potentiel de patients pour leur donner envie de venir ici », insiste Michel Rocca. Ludovic Lecomte, 38 ans, a tout de suite été séduit par le projet : « Les conditions sont idéales. Exercer à deux me permet d'avoir mes mercredis de libres, de partager les frais et de discuter avec quelqu'un sur les malades. »

Comme Michel Rocca, les maires de communes rurales sont nombreux à s'inquiéter face à la pénurie de médecins. Dans le canton voisin de Vire, on ne compte que 4 ophtalmologues, 6 dentistes, 2 dermatologues et un gynécologue pour plus de 18 000 habitants. Le problème devrait s'aggraver dans les années à venir puisque la moyenne d'âge dépasse les 50 ans. Le seul pédiatre, âgé de 61 ans, n'a pas encore de successeur.

Pour attirer de jeunes médecins, les collectivités ont tenté plusieurs solutions. Le département de l'Orne a passé une convention avec un cabinet privé qui a fait venir 10 médecins étrangers. « Mais cela échoue dans beaucoup de cas à cause d'une difficulté d'adaptation, note Michel Rocca. En plus, les agences qui se chargent de faire venir les médecins étrangers prennent des frais exorbitants. »

Construire des maisons médicales:

Il n'est pas plus convaincu par le financement des études d'un étudiant qui, en échange, s'engage à s'installer pour un certain temps : « Il y en a qui changent d'avis et préfèrent rembourser. »

Autre solution : la construction de maisons médicales pluridisciplinaires dans les zones désertifiées par les collectivités qui les loueraient à des médecins. « Cela ne peut pas concerner des spécialistes comme les cardiologues qui exercent sur une grosse zone, souligne Michel Rocca. Et surtout, il faut en discuter en amont avec les praticiens pour être sûr qu'ils sont prêts à s'installer. »

Sylvie DEJOUY.
Ouest-France.

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Re: La santé en Normandie.

Message par crosman le Ven 13 Fév - 0:35

Ah la base il faut aimer la campagne...c'est tout con! Hors il y a de moins en moins de ruraux. Ensuite l'image de la région joue énormément.

En tout cas faire des maisons médicales modernes et reliées à des centres médicaux plus importants est une première chose avant toutes les autres.

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